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Réserve naturelle de la Champtaine

Réserve naturelle de la Champtaine

Coordonnées géographiques :

Liste des appelations : Sablière de Champ’taine (Chaumont-Gistoux)

Ancienne(s) commune(s), nouvelle(s) commune(s) et province(s) : Chaumont-Gistoux - CHAUMONT-GISTOUX (Brabant wallon)

Cantonnement : Nivelles

Planches IGN : 40/2

X Lambert : 175160 - Y Lambert : 153050

Milieu physique :

Situation générale : cette ancienne sablière a été ouverte au nord de Chaumont-Gistoux.
On y a exploité des sables tertiaires du bruxellien.

Description du site: Cette vaste sablière aux falaises élevées présente un intérêt esthétique évident grâce à la présence de plusieurs massifs de grès rubéfiés et de falaises éboulées de sable meuble.
Saintenoy-Simon, J. (1997)
La carrière Champ’taine est une ancienne sablière dont l’exploitation a débuté en 1964 pour fournir le sable nécessaire à la construction de l’autoroute Bruxelles-Namur et dont l’activité s’est terminée en 1976.

La carrière se trouve non loin du Ry du Pré Delcourt, affluent du Train (bassin de la Dyle).

Géologiquement, la carrière découvre de haut en bas :

  • des limons quartenaires avec cailloutis de silex;
  • des sables tongriens avec gravier de base fossilifère;
  • des sables, des grès en plaquettes, des grès celluleux, des grès fistuleux, des grès et sables ferrugineux (avec figures de liesegang) du Bruxellien qui reposent en discordance de stratification sur les assises du Cambrien formées de quartzites et de phyllades.

Les sables bruxelliens très filtrants laissent facilement percoler les eaux de pluie et de ruissellement qui sont arrêtées au niveau des assises cambriennes. Il se forme une nappe de plusieurs mètres d’épaisseur dont la surface affleure à la base de la carrière.

Milieu biologique :

Cette description a, dans son ensemble, déjà été faite par Hance et al. (1989 et 1992).

L’assiette de la sablière présente, dans son état actuel, un intérêt botanique nettement moins élevé que les versants et certaines parties du plateau : à l’exception de la petite zone encore sableuse jouxtant l’entrée (présence de Corynephorus canescens, Sedum acre, Polytrichum) et du pré sec proche du rucher du CARI (abondance de dicotylées: e.a. Vicia sativa, Senecio jacobaea, Achillea millefolium, A. ptarmica, Inula conyzae, Leucanthemum vulgare, Tanacetum vulgare, Hypochoeris radicata, Campanula rapunculus, Daucus carota, Hypericum perforatum, Ranunculus acris, Dipsacus fullonum), la plus grande partie du fond se caractérise par le développement important des ronciers, de massifs d’Urtica dioica et de diverses plantes pionnières des milieux anthropiques, comme Artemisia vulgaris, Conyza canadensis, Cirsium arvense, Carduus crispus, Crepis capillaris, Oenothera sp., Melilotus albus, Vicia hirsuta, Fallopia japonica, Potentilla reptans, Spergula arvensis, ..., ainsi que de nombreux Lupinus polyphyllus.

L’emplacement de la mare “permanente” semble être envahi de ronces et d’ortie, avec quelques Juncus et Typha latifolia, et, à proximité, une station de Carex hirta.

Plusieurs plantes forestières sont présentes sur le site, notamment: Digitalis purpurea, Teucrium scorodonia, Hieracium sabaudum, Senecio sylvaticus, Chaerophyllum temulum, Epipactis helleborine.

Les zones à Corynephorus canescens sont dispersées, principalement au pied des falaises sableuses, au niveau des massifs gréseux et sur certains replats sableux. Nous n’avons trouvé à Champ’taine aucun plant d’Aira praecox, Ornithopus perpusillus, Jasione montana, Filago minima, espèces pourtant présentes dans la sablière voisine de Ronvau (Bt/405/05).

D'après J. Saintenoy-Simon (1997), l’intérêt botanique du site réside principalement par la présence de divers stades de colonisation par la végétation des versants sableux régulièrement rajeunis par l’érosion ainsi que des bas de versants et du fond de la carrière déjà stabilisés.

Les zones les plus instables sont colonisées par Corynephorus canescens qui a ici un rôle pionnier.

Sur sables plus ou moins fixés, cette espèce est rejointe par Hypochoeris radicata, Rumex acetosella et la mousse Polytrichum piliferum qui forment une pelouse silicicole très rase.

La pelouse rase stabilisée est alors envahie par Deschampsia flexuosa qui supplante progressivement les autres espèces et forme une pelouse très dense et fermée.

Calluna vulgaris et Cytisus scoparius s’installent alors, la dernière espèce formant facilement des fourrés dans lesquels germe Betula pendula. Rapidement le bouleau forme de petits bosquets favorables à l’installation de Quercus robur et Fagus sylvatica qui constituent en Brabant la plupart des forêts sur sols acides et filtrants.

L’assiette de la carrière a été fortement modifiée; il y subsiste, néanmoins deux petites mares. La première n’est inondée qu’une partie de l’année mais reste constamment boueuse; on y observe Glyceria notata et Rumex crispus. La seconde est une mare permanente entourée d’aulnes glutineux (Alnus glutinosa) et de saules (Salix spp.), peuplée par Typha latifolia, Juncus effusus, Veronica beccabunga, Glyceria notata.

Vers le haut de la falaise, la limite entre les sables purs bruxelliens et les sables argileux tongriens est marquée par un alignement de touffes de Juncus effusus.

Histoire du site :

Occupation du site au 18e siècle: d’après la carte de Ferraris, le site était occupé par des landes.
Occupation du site avant exploitation: pinède.
Matériau(x) extrait(s): sable.
Déroulement de l'exploitation:
Début: 1964.
Fin: 1976.
Réaffectation effective: réserve domaniale. Auparavant: une partie de l’assiette a servi de terrain de hockey et une autre a été couverte de remblais et déchets.

Répondant(s) ou auteur(s) des informations :
Remacle, A. (Faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux) Jacob, J.-P. (Société d’Etudes ornithologiques Aves)

Liste bibliographique :

GULINCK, M., 1963. Etude du faciès du Bruxellien (Eocène moyen). Excursions M/N - 2ème partie. 6ème Congrès de Sédimentologie, Belgique et Pays-Bas, 1962 : 1-11.
HANCE, T., DUMONT, J.-M. et HANCE, L., 1989. La carrière de Champ’taine à Chaumont-Gistoux, un site exceptionnel à protéger. Parcs Nationaux 44 (2) : 36-48.
HANCE, T., DUMONT, J.-M., HANCE, L., RENIER L. et GOFFART, P., 1992. Colonization pattern by vegetation and relationships with faunal inventory in an old sand quarry. Proceedings of the 8th international colloquium of the European Invertebrate Survey, Brussel, pp. 223-234.
HERREMANS, J.-P., 1987. Le Brabant sablo-limoneux. Introduction à la découverte d'une région naturelle. Réserves Naturelles et Ornithologiques de Belgique, 31 pp.
LEPLAT, D., 1993. Etude de la relation entre la colonisation végétale et les taxoncénoses de Carabidae et de Lycosidae de la carrière de Champ’taine à Chaumont-Gistoux. Mémoire de licence, Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve, 88 pp.
MESKENS, C., DUCARME, X., LEBRUN, P. et HANCE, T., 2002. Evaluation biologique d'une ancienne sablière par utilisation de bioindicateurs (carabides). Bulletin de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, 72 (suppl.) : 137-139.
RUTOT, A., 1902. Compte-rendu des excursions de la Session extraordinaire de la Société belge de Géologie dans le Hainaut et les environs de Bruxelles, 23-27 août 1902. Bulletin de la Société belge de Géologie, 17 : 383-499.
SAINTENOY-SIMON, J., 1999. Les réserves naturelles domaniales de Wallonie. Ministère de la Région Wallonne, Direction Générale des Ressources Naturelles et de l'Environnement, Namur, 144 pp.

16 Chaumont   La Champtaine