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Entre 2020 et 2030, l’éclairage public communal fait peau neuve

Le gestionnaire de réseau de distribution ORES, en charge du suivi du parc d’éclairage public communal de 2.239 lampadaires, va en améliorer l’efficacité énergétique de manière graduelle.

En 10 ans, entre 2020 et 2030, l’ensemble du parc sera renouvelé. Le projet, baptisé « E-Lumin », vise à réduire le premier poste de consommation électrique de la commune de 60 à 70 % en passant à un éclairage de type led et en appliquant un « dimming ». Il vise aussi à réduire le besoin d’entretien des points lumineux. La première des 10 phases démarre bientôt. Petit éclairage sur le sujet et implications pour vous.

1. Réflexions communales

La présentation d’ORES relative au projet E-Lumin au sein de la commune a amené une réflexion plus large sur l’éclairage public dans son ensemble allant au-delà du « simple » changement de source lumineuse. Au fond, ne supprimerions-nous pas certains points lumineux ? Si oui, sur quelle base ? Quel chaleur d’éclairage ? Que faire au niveau du centre de Gistoux ? Quels sont les aspects réglementaires en la matière ? …

Bon nombre d’interlocuteurs ont été mobilisés pour alimenter ce travail (ORES, SPW Mobilité & Infrastructure, SPW Agriculture, Ressources naturelles et Environnement, le GRACQ, plusieurs services communaux, ainsi que la CCATM qui a même réalisé un parcours nocturne cet été pour sillonner la commune, l’Association pour la Sauvegarde du Ciel et de l’Environnement Nocturnes, le plan lumière de plusieurs villes belges et internationales, …).

L’éclairage public fait tellement partie de notre univers qu’il semble naturel, constant et immuable. De longue date déjà, la Belgique est connue pour son éclairage public bien plus visible depuis l’espace que nombre d’autres pays. En Belgique, on dénombre 19 lampadaires pour 100 habitants, contre 12 en moyenne en Europe. Et la tendance est à la hausse : l’éclairage public a plus que doublé ces 25 dernières années.

1.a. Eclairage public, synonyme de sécurité ?

Pour beaucoup d’entre nous, l’idée qu’éclairage est synonyme de sécurité est une vérité bien ancrée. Or, les scientifiques et les nombreux plans lumières de grandes villes nous montrent qu’éclairage public ne rime pas forcément avec sécurité. Prenons l’exemple des intrusions dans les logements. La cause déterminante des cambriolages tient à l’absence des occupants qui se matérialise lorsque ces derniers sont au travail … en journée donc. Bien sûr des vols sont aussi perpétrés lorsqu’il fait noir. La tombée de la nuit est sans doute un élément déclencheur, pas un élément moteur. Et l’éclairage public n’empêchera pas le larcin d’être commis. Par contre, il ne facilitera pas la police dans sa recherche des fuyards.
Ceux-ci auront pour complice un éclairage pour les guider dans leur fuite. A l’inverse, dans le noir, les fuyards ont besoin de lampes de poche qui dénoncent leur emplacement de
loin. L’éclairage public ne rime pas forcément non plus avec sécurité sur nos routes. Si on regarde les accidents de nuit les plus lourds de conséquence, ils ont très largement lieu sur des routes éclairées. Les facteurs explicatifs sont la vitesse (favorisée par des routes éclairées), l’alcool ou les stupéfiants, l’endormissement au volant et les conditions climatiques. Bien sûr, l’éclairage remplit une fonction d’indication des lieux, il permet aussi d’y voir plus clair aux moments de forte affluence quand plusieurs types d’usagers empruntent les voiries (aux abords des écoles, aux heures de pointe, …)

Mais alors pourquoi avoir placé tant d’éclairage public ? A l’époque où celui-ci s’est généralisé, on pensait effectivement que, de lui, dépendait notre sécurité. Aujourd’hui, c’est sur cette base qu’on continue à éclairer nos voiries, même si les mentalités changent. Cette association « éclairage public = sécurité » est ancrée en nous. De même que l’association «espace public non éclairé = peur». La sécurité est une chose, le sentiment de sécurité ou notre peur en est une autre.

La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : voulons-nous maintenir, voire renforcer, un éclairage coûteux, gros consommateur d’énergie et grand émetteur de CO2 dont on conclut qu’il n’améliore pas notre sécurité, si ce n’est qu’il contribue, à la surface, à notre sentiment de sécurité ?

1.b. Eclairage public, santé et biodiversité

Les scientifiques nous alertent également sur les nuisances que peuvent représenter l’éclairage public sur notre santé et celle de la biodiversité. Pour l’homme, trois éléments sont déterminants : 1. le besoin de dormir dans le noir complet pour un sommeil vraiment réparateur, 2. la sensibilité de notre rétine au led blanc trop froid (contenant une forte composante bleue) et 3. l’éblouissement qui, au-delà d’être gênant, peut être dangereux. Pour ces raisons, la commune a opté pour un blanc plus chaleureux (3000 Kelvin), tout en maintenant un blanc moins chaleureux (4000 Kelvin) pour attirer l’attention des automobilistes au niveau des passages pour piétons.

À notre insu, l’éclairage public porte atteinte à la biodiversité, surtout quand on sait qu’il y a plus d’animaux nocturnes que diurnes. Des millions d’insectes meurent chaque nuit attirés par les luminaires autour desquels ils tournent jusqu’à l’épuisement, les rapaces participant à la régulation des rongeurs perdent leur repère et leur cycle naturel, …. Une biodiversité riche a son habitat et ses ressources au sein du site Natura 2000 de la Vallée du Train (qui représente 10 % de la superficie communale), ainsi qu’à proximité du passage des cours d’eau.

Le SPW Ressources naturelles et Environnement nous invite donc à éviter, voire à réduire, l’éclairage public dans ces zones, ce qui est déjà le cas en grande partie. Il nous conseille aussi de reconstituer des « couloirs noirs ». Au-delà du site Natura 2000 et des environs des cours d’eau, cet enjeu concerne tout le territoire communal. Certaines rues peu densifiées peuvent aussi voir leur éclairage supprimé de manière réfléchie. Il en va de même pour nos espaces verts publics et privés, nos jardins abritant aussi la biodiversité et où l’éclairage gagne à être réduit, plus directionnel et plus restreint, orienté vers le bas.

1. c E clairage public, finances et environnement

L’éclairage public sur la commune est constitué de 2.239 points lumineux. Il représente le premier poste de consommation électrique de la commune : +/- 866.000 kWh/an pour 130.000 €/an, soit 385 kWh/an/point lumineux ou 58 €/point lumineux. Cela représente l’équivalent de la consommation électrique annuelle de quelques 250 familles mais aussi 215t CO2/an. Ajoutons à la consommation électrique le coût des réparations diverses à charge de la commune pour 27.000 €/an ou 12 €/an/point lumineux et le coût d’entretien de service public à charge d’ORES de 54.000 €/an ou 24 €/an/point lumineux. Chaque point lumineux coûte donc 94 €/an à la collectivité (70 € à notre budget communal et 24 € à
celui d’ORES).

2. Projet E-Lumin en pratique et décisions communales


2.1. Projet E-Lumin en pratique

ORES et la commune ont signé le 13/01/2020 une convement. Les gains de consommation énergétique financent l’opération.

Les travaux prévoient :

  • 10 phases de travaux de remplacement en 10 ans pour moderniser l’ensemble du parc avec une date de démarrage encore à déterminer fin 2020 – début 2021.
  • Le remplacement des têtes de luminaire existantes par du led. Les poteaux et les crosses supportant les luminaires restent en place. Aujourd’hui, 15 % du parc est déjà équipé de luminaires led.
  • Ces luminaires seront « dimmés » (c.à.d. que l’intensité de la luminosité sera réduite) de 50 % chaque nuit pendant 8 heures, approximativement de 22 h à 6 h. La période précise de « dimming » dépend d’un jour à l’autre en fonction des heures saisonnières de lever et de coucher du soleil.


2.2. Décisions communales

Pour remplacer les 2.239 lampadaires communaux en 10 ans, il convient d’en remplacer environ 10 % chaque année.

Le Collège, en sa séance du 16/09/2020, a pris la décision suivante concernant la première phase qui concerne les lampadaires les plus énergivores :

La phase 1 concerne le traitement de 182 points lumineux (soit 8 % du parc). La carte est téléchargeable ICI.

  • 91 points seront supprimés. Il n’y aura plus d’éclairage public à ces endroits pour les raisons évoqués ci-dessus.

- rue Folle France - rue de Chaumont,

- sur divers tronçons de la chaussée de Huy (rue Saucis, rue Jean Martin, champs des Buissons, de la rue Zaine à l’entrée du centre de Gistoux, entre rue du Moulin et ruelle Seron, rue de la Sarte),

- rue de Chastre - chemin de Vieusart,

- rue du Laid Burniat - chemin de Vieusart,

- 1 lampadaire au croisement de la rue Ocquière et de la rue de Corroy,

- 1 lampadaire au croisement de la rue du Warichet - chemin du Masy - rue du Croly,

- 1 spot chemin de l’Herbe.

  • 91 points lumineux seront remplacés par le luminaire TECEO représentant déjà 15 % du parc, avec une chaleur d’éclairage de 3000 Kelvin.


3. Quelles actions pour vous en matière d’éclairage ?

  • Veillez à vous éclairer lorsque vous sortez de chez vous ! En voiture, avec votre charroi agricole, à moto, à vélo, à pied, vous êtes toujours plus nombreux à bien allumer vos phares ou vos lampes. Pour les modes de déplacement doux (à vélo et à pied), en plus des lampes, il est également indiqué de passer un vêtement réfléchissant dont l’effet est décuplé par l’effet de vos mouvements.
  • La commune s’oriente vers un éclairage plus responsable au niveau de son parc d’éclairage public, nous vous encourageons également à avoir une attention au niveau de votre propre éclairage extérieur privé

Réduire sa présence et son utilisation (par exemple l’éclairage ne s’allume que lors d’une détection simultanée de présence et de luminosité insuffisante. De plus, le détecteur est orienté de manière à ne détecter que les présences requises).
Réduire sa dispersion dans l’environnement par un éclairage directionnel, orienté vers le bas.

Ceci vous permettra, par la même occasion, de faire des économies sur vos consommations et de participer à l’effort de réduction des émissions de CO2.

Votre avis nous intéresse, n’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires par email à l’adresse ZW5lcmdpZUBjaGF1bW9udC1naXN0b3V4LmJl (pour rappel, la commune doit veiller à l’uniformité de l’éclairage public).

Ghislain ERREMBAULT,
Conseiller en Energie