Eclairage public, suppression et passage au LED - E-Lumin
En Belgique, l’éclairage public fait tellement partie de notre univers qu’il semble naturel, constant et immuable. De longue date notre pays est connu pour son éclairage public bien plus visible depuis l’espace que nombres d’autres pays. En Belgique, on dénombre 19 lampadaires pour 100 habitants, contre 12 en moyenne en Europe. Et la tendance est à la hausse : l’éclairage public a plus que doublé ces 25 dernières années.

Dans le cadre de l'évolution du règlement technique Ecodesign de l'Union Européenne qui impose de nouvelles performances énergétiques, Ores a lancé en 2020 le projet E-Lumin dans toute la Wallonie pour moderniser et rationaliser l’éclairage public. De plus, face aux enjeux du dérèglement climatique, à la nécessité de consommer moins d’énergie et à l’urgence de préserver les écosystèmes nocturnes, la commune de Chaumont-Gistoux a lancé une transformation progressive de son réseau d’éclairage public afin de moderniser et optimiser l’éclairage public en remplaçant les anciennes installations par des éclairages LED tout en supprimant certains points lumineux.
L’éclairage public à Chaumont Gistoux avec plus de 2000 lampadaires constitue la principale source de consommation d’électricité pour la commune, représentant chaque année 130 000 € de dépenses en énergie et 86 000 € en frais d’entretien. L’impact écologique est également lourd avec 215 tonnes de CO₂ émises annuellement, mais également des perturbations des rythmes naturels de la faune, la disparition du ciel étoilé, et une forte mortalité des insectes. L’éclairage artificiel a aussi des répercussions sur la santé humaine, notamment en altérant le sommeil.
Eclairage public, synonyme de sécurité ?
Pour beaucoup d’entre nous, éclairage et sécurité vont de pair. Or, les scientifiques et les nombreux plans lumières de grandes villes nous montrent qu’éclairage public ne rime pas forcément avec sécurité. Par exemple les intrusions dans les logements se font principalement quand les occupants sont absents et notamment quand ces derniers sont au travail pendant la journée. Bien sûr des vols sont aussi perpétrés lorsqu’il fait noir mais l’éclairage public n’empêchera pas le larcin d’être commis. Par contre, il n’aidera pas la police dans sa recherche des fuyards. Ceux-ci auront pour complice un éclairage pour les guider dans leur fuite. A l’inverse, dans le noir, les fuyards auront besoin de lampes de poche qui dénonceront leur emplacement de loin.
L’éclairage public ne rime pas forcément non plus avec sécurité sur nos routes. Si on regarde les accidents de nuit, ils ont très largement lieu sur des routes éclairées. Les facteurs explicatifs sont la vitesse (favorisée par des routes éclairées), l’alcool ou les stupéfiants, l’endormissement au volant et les conditions climatiques. Bien sûr, l’éclairage remplit une fonction d’indication des lieux, il permet aussi d’y voir plus clair aux moments de forte affluence quand plusieurs types d’usagers empruntent les voiries (aux abords des écoles, aux heures de pointe, …).
Eclairage public, santé et biodiversité
Les scientifiques nous alertent également sur les nuisances que peuvent représenter l’éclairage public sur notre santé et celle de la biodiversité. Pour l’homme, trois éléments sont déterminants : 1. le besoin de dormir dans le noir complet pour un sommeil vraiment réparateur, 2. la sensibilité de notre rétine au LED blanc trop froid (contenant une forte composante bleue) et 3. l’éblouissement qui, au-delà d’être gênant, peut être dangereux. Pour ces raisons, la commune a opté pour un blanc plus chaleureux (3000 Kelvin), tout en maintenant un blanc moins chaleureux (4000 Kelvin) pour attirer l’attention des automobilistes au niveau des passages pour piétons.
L’éclairage constitue également une pollution lumineuse en portant atteinte à la biodiversité. En effet, des millions d’insectes meurent chaque nuit, attirés par les luminaires autour desquels ils tournent jusqu’à l’épuisement. D’autres animaux, comme les rapaces qui participent à la régulation des rongeurs, perdent leur repère et leur cycle naturel est perturbé. Le SPW Ressources naturelles et Environnement nous invite donc à éviter l’éclairage public et de reconstituer des « trames noires ». Cet enjeu concerne tout le territoire communal, que ce soient des rues peu densifiées des espaces verts publics et privés, ou nos jardins qui abritent aussi la biodiversité.

Le projet E-Lumin en pratique
Le projet E-Lumin est divisé en 5 phases avec comme objectif final de réduire l’éclairage public de 70% d’ici 2030.
Depuis 2020, les deux premières phases ont déjà été effectuées et 29% des luminaires ont été remplacés par du LED, et 12 % des lampadaires communaux ont été supprimés, permettant ainsi une économie notable malgré la hausse des prix de l’énergie. Pour chaque phases, les étapes seront les suivantes :
- Identification des luminaires à supprimer et de ceux à changer au LED. Cette identification se fait en partenariat entre l’administration communale, ORES et la CCATM (Comité Citoyen pour l’Aménagement du Territoire et la Mobilité). Les luminaires qui resteront allumés seront ceux situés :
- Dans les cœurs de village
- Aux carrefours
- Aux passages piétons
- Aux arrêts de bus
- Aux endroits jugés dangereux
- Phase test incluant une période hivernale qui consistera à éteindre les luminaires proposés à la suppression.
- Suite à la phase test, une réunion citoyenne sera organisée pour faire le bilan et échanger avec les citoyens sur quels luminaires doivent être conservés ou supprimés.
- Suppression et remplacement par du Led.
Phase 1 du projet E-Lumin
Phase 2 du projet E-Lumin
Vue 4 : Dion-le-Mont - Tienne du Chenois
Vue 6 - Gistoux - Autour du Ronvau
Vue 7 - Gistoux - Rue de Tourinnes& Avenue Nouvelle
Vue 9 - Chaumont - Chemin St Bavon
Vue 10 - Gistoux - Rue des Boissonnets
Réunion citoyenne du 12/02/2025 à Bonlez :
Procès-verbal de la réunion + cartes
Phase 3 du projet E-Lumin
Phase 4 du projet E-Lumin (en cours d’élaboration)
Phase 5 du projet E-Lumin (en cours d’élaboration)
Quelles actions pour vous en matière d’éclairage ?
- Quand vous sortez de chez vous que ce soit en voiture, avec votre charroi agricole, à moto, à vélo, ou à pied, il est important d’allumer ses phares/lampes pour voir et surtout être vu. Pour les modes de déplacement doux (à vélo et à pied), en plus des lampes, il est également indiqué de passer un vêtement réfléchissant dont l’effet est décuplé par l’effet de vos mouvements.

- La commune s’oriente vers un éclairage plus responsable au niveau de son parc d’éclairage public, nous vous encourageons également à avoir une attention au niveau de votre propre éclairage extérieur privé, en réduisant sa présence et son utilisation. Par exemple en utilisant un éclairage orienté vers le bas qui s’allume avec le mouvement ou en cas de luminosité insuffisante, avec un détecteur orienté de manière à ne détecter que les présences requises. Ceci vous permettra, par la même occasion, de faire des économies sur vos consommations et de participer à l’effort de réduction des émissions de CO2.
Votre avis nous intéresse, n’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires par email à l’adresse [email protected]
